mardi 17 mai 2016

Ping-pong




Je manque de temps et je m'en veux.
Ou je manque d'envie mais je ne veux pas le voir.
Un mois, le mois d'avril, sans un mot. Il a fallu une scène, la scène de cet homme se grattant le nez et retournant sur ses pas, pour que j'en aligne quelques uns.
Or je me rends bien compte que si je délaisse cette activité trop longtemps, je perds le fil.
Je ne me sens pas bien. J'ai quelque chose à faire que je ne fais pas.
Je sais que je dois y revenir et le pas s'allonge que je dois faire pour retrouver mes marques.
Mordu.
Troisième tentative.
Éliminé.
Quand c'est si bon : un disque dans la platine, du son. Des images devant les yeux, une ambiance qui émerge dans mon corps. Des sensations, des émotions. Le corps fournit la matière, le cerveau met en forme. Les touches claquent sous les doigts. Les habitudes reviennent avec le rythme de la frappe.
C'est une balle que l'on renvoie. Ping, pong.
Et, là, le temps (la durée) est aboli(e). Il n'existe pas. A qui manque-t-il ?