mardi 26 janvier 2016

Ces affaires, ces contentements

C'est une de mes nouvelles envies. Nouvelle, pas tant que ça. Un prolongement naturel d'une passion (d'un loisir) déjà ancienne : la photographie. Depuis belle lurette, je suis revenu à l'argentique. Je fais développer mes négatifs et tirer mes photos dans une boutique professionnelle. Mais.

L'envie m'était là, qui m'est revenue.

Je me souviens : c'était avec mon copain Lionel. Nous tirions dans la salle de bain de ses parents. Plonger dans le noir. Régler la hauteur. Faire la mise au point. Caler le papier. Éclairer. Éteindre. Tremper la feuille. Trois bains : révélateur, arrêt, fixateur. Rincer. Et l'image d'apparaître et se former. Et les teintes de foncer et se figer. Recommencer parce que le résultat n'était pas tout à fait à notre goût. Recommencer encore parce qu'on peut mieux faire, non ?! J'en suis sûr, oui. Et se satisfaire, éprouver ce contentement lié à l'action, de la conception à la mise en oeuvre, de l'idée qu'on se fait à sa réalisation.

J'ai mis la main sur un agrandisseur. Acheté des produits. Déniché du papier. Organisé mon atelier. Le plateau, les trois bacs. La lumière rouge fonctionnelle, le compte-pose mental (c'est mon nez : pas d'appareil, 1...2...3...4...5, tout au pif. Pareil dans les produits : je trempe, je retire. Je trempe. Mouais. Je retire...).

Passé trois heures de rang l'autre soir, enfermé dans la pièce, les volets cloués. Des tentatives et des tentatives. Trop pâles, trop foncées. Mal cadrées. Mise au point à refaire. Diaphragme à fermer. De l'artisanat. Tout ce que j'aime. Je commence à bien me connaître : concevoir, l'imaginaire et l'intellect, mettre en oeuvre, les yeux et les mains. Buter sur des difficultés, trouver des solutions. Tâtonner. Mais faire. M'imprégner, m'activer. De l'extérieur à moi et de moi vers l'extérieur. Une éponge, un tampon.

Toutes ces affaires qui sont autant de contentements.


Négatifs couleurs, chimie noir et blanc, papier périmé :