mardi 7 janvier 2014

Cette idée

Hier, un bon gros coup de vent était attendu sur la côte atlantique.
Une alerte aux vagues et risques de submersion était lancée.
A la télévision, des reportages s'attardaient sur le phénomène d'érosion du littoral.
Effet conjugué de la forte houle et des grandes marées.
Des dizaines de mètres de dunes disparus, avalés.
Les riverains s'inquiétaient, leurs maisons à peine désormais protégées par un mince cordon de sable, menacées par les flots.
Que deviendraient-ils, eux et leurs biens ?
Bon Dieu, est-ce qu'on ne pouvait pas faire quelque chose pour y remédier ?! Monter une digue, enrocher, ré-ensabler ?!

Que ne s'effraient-ils, eux et les autres, tous les autres, vous peut-être, moi sans doute, de ce qui, houle et marée, érode jour après jour l'esprit et menace tout autant l'existence (la capacité à mener pleinement et librement - ou le plus librement possible, par soi-même et en soi-même - son existence) ?!

Le refus de voir et comprendre ce qui nous traverse et comment nous fonctionnons, intimement.

Que ne cherchent-ils même à distinguer et percevoir ce flot ?! Que n'essaient-ils de se dresser, s'enraciner et s'ouvrir, s'être et s'accueillir ?!

(Ah, c'est en leurs mains, et non en celles des autorités ou d'une administration et ils y peuvent, plus que contre le vent et la mer ! C'est donc leur boulot et leur affaire, plus difficiles que râler et prier. Éteindre la télé, pour commencer, et s'en aller se chercher, seul et avec les autres).

(Dans les vieilles marmites. Pas encore là où je veux. Entretenir une capacité).