dimanche 2 juin 2013

Vrac à l'essai







J'ai vu une femme avec un cul énorme. Un cul tellement gros que c'en était presque incroyable. Une difformité, un handicap. (Et je ne m'en moque ni n'en ris, je l'écris. Ma faiblesse peut-être, n'avoir que ça sous la main).

J'étais dans le bus. J'avais pris le bon bus mais lui ne prenait pas du tout la bonne direction.
C'est à dire plutôt que le parcours qu'il effectuait n'était pas celui auquel je m'attendais. Car voilà qu'au lieu de tourner à droite, ce qui m'aurait paru logique, le bus était allé tout droit et maintenant s'enfonçait, oh pas si loin que ça dans la ville ou dans l'inconnu, je regardais le plan et j'arrivais à me figurer les choses, mais s'enfonçait quand même pas du tout dans la bonne direction. Le détour allait sacrément me retarder.
Pourtant, si l'idée de sauter au prochain arrêt m'avait bien traversé l'esprit et s'y était faite jauger, je n'en faisais rien. Je décidais de prendre mon parti de la situation et de rester assis. J'avais la flemme.

Mais aurais-je voulu descendre que je n'aurais pas pu. La femme au gros cul s'était encadrée dans la porte. La remplissait. En largeur (car elle était plutôt petite).
Je ne bougeais pas. Elle avançait, doucement, lentement. Personne ne bougeait. Le bus lui-même ne bougeait plus, portes ouvertes.
Et nous n'étions pas dans ma bonne direction.
Et elle avait un cul énorme.

Et puis, comme souvent quand on fait montre d'assez de patience, tout est rentré dans l'ordre. Elle a trouvé une place, debout contre la vitre. J'ai encore regardé son cul, énorme, incroyable. Je me disais ça fait une sacré bosse, elle est comme un escargot dont la coquille aurait glissé, comme un dromadaire à la gourde descendue, ça tirait ses vêtements en arrière, quelle taille ? qui pour inventer cette coupe-là ? elle était boudinée dans sa veste et son pantalon, jusqu'aux chevilles, aux bras et au cou. Les portes avaient fait pschittt. Le bus s'était ébranlé. J'ai regardé par la fenêtre. J'ai pensé à autre chose. Quand je me suis souvenu de l'existence de la femme au gros cul, elle n'était plus là.

Et le bus était sur mon bon chemin.

(J'essaie ici un nouvel appareil photo. Rien de mieux qu'un blog pour promener ses clichés d'un écran à un autre. Fou les progrès réalisés : mon ordinateur portable d'il y a cinq ou six ans ne vaut plus tripette).