mercredi 26 juin 2013

A l'évidence (4)

Je lis le programme de la prochaine saison du Théâtre de la Colline.
Il y est question de vie, de réel, de fiction, d'ouverture, de mouvement, d'errance, de quête, de désir, d'exploration, d'engagement, de dégagement, d'interrogations.

Qu'est ce que la vie ?
Qui être ?
Comment y parvenir ?
Avec qui ?
Pour faire quoi ?

Toutes ces questions qui nous agitent continuellement et dont on se détourne dans le brouhaha et auxquelles on ne peut répondre du fait de cette même agitation.

Il faut s'arrêter.
Faire silence.
Regarder.

Alors, voir, entendre :

Ces questions n'ont pas de réponses.
Il n'y a pas une définition ; il n'y a pas de modalités.
Il y a des possibles et des actualisations, formes, paroles, gestes. Pensées. Relations. Actes. Intentions.

Mais, reculer encore. Observer sa position. Les plans qui se dégagent.

Nous sommes silence.
Nous sommes regard.

Dans le silence, sous le regard, le monde change, les autres passent, nous (forme et contenu) évoluons.

La vie est.

Ce sont aujourd'hui les soldes. La foule se presse dans les magasins.

Il n'y aura pas de réponse à ces questions dans le t-shirt, la veste, les sandales ; rien qu'on puisse payer avec sa carte bleue.
Soyons en assurés.
Mais peut-être une prise de conscience, dans la cohue, sous l'agacement, derrière le dépit ou la colère, après le contentement.
Pour après.
Au calme.
Une réminiscence à traiter, quand affalé dans son fauteuil inconfortable, la pièce jouée, l'esprit détendu, alerte et souple.