mardi 5 mars 2013

Toucher la pointe, dure, et trancher

Courir de longues distances, ou de plus courtes mais à plus vive allure, oblige à une détente intérieure, à un abandon de ses forces à elles-mêmes, à une capitulation presque, qui rend possible de percevoir et comprendre que douleurs physiques et cogitations mentales n'entament en rien l'effort consenti ni n'entravent l'élan ni n'arrêtent finalement le coureur mais au contraire peuvent vivre et se poursuivre en ce corps, sur ce chemin poussiéreux, sous ce soleil d'hiver, cohabitant, simultanément ou tour à tour, avec des impressions de puissance, de vitesse, de fluidité, sensations d'énergie et de bien-être.

Ce corps qui s'avance ainsi, présence physique et traits de l'esprit, tout autant que souffle dans l'air ambiant, ce corps volatile et dense, est la preuve que tout cela peut tenir, ensemble, dans le même lieu et au même moment, le plus naturellement du monde.

On peut alors prolonger, ou accélérer, ou tout simplement défaillir.