vendredi 29 mars 2013

Pastore

La vie est dangereuse.

Vivre est risqué.

Je voudrais que vous me compreniez bien.

Je ne parle pas d'avoir un accident de la route, d'attraper une maladie incurable ou de se faire agresser dans la rue ; je parle des rapports avec les autres.

Les rapports avec les autres, sous des dehors d'ordinaire banalité, d'habitudes et de conventions, sont vachement dangereux et extrêmement risqués. Fous, presque.

Ils nous mettent en question.

Ils interrogent nos façons d'être et de faire, notre regard sur le monde, les choses et les êtres, la perception et la compréhension qu'on a des finalités de la vie, de ses modalités même, notre intelligence, notre habileté, nos facilités.

Ils mettent en évidence nos contradictions, nos lâchetés, nos trouilles et nos absences.

Ils nous rendent laid et dégueulasse.

Ils nous obligent.

Bon Dieu, que c'est dur !

Petites choses faibles que nous sommes, et pas foutus de nous grandir plus que ça !

Et nous nous querellons avec nous mêmes, nous complimentant, nous admonestant, nous jugeant.

Oui mais :

C'est dans ce danger que réside la beauté de l'acte, que s'exprime la grandeur de l'âme, que surgit la bienveillance, que naît l'amour ; c'est dans la conscience du risque, son acceptation, qu'est l'Homme ; c'est là qu'on trouve la vie quand on s'est délaissé pour l'exprimer, elle.

Tout nu, avec nos peines et nos faiblesses, touché, touchant, cerné jusqu'aux tréfonds, au delà de la peur d'être découvert et démasqué, libre et confiant, dépassés le risque et les dangers : peut-être le bonheur.