dimanche 13 janvier 2013

Épiphanie (2)

Des jours, des semaines que je la cherchais. Je regardais sous les radiateurs, je passais la main sous les armoires et les bibliothèques, je jetais un oeil sous les lits, je défaisais mes sacs, je refaisais mon chemin, je demandais : "L'avez-vous vue ?". Elle demeurait introuvable.



De la paire, il ne me restait plus qu'une de mes chaussettes noires à talon et pointe rouges. L'autre s'était volatilisée. Évaporée. J'avais du l'oublier dans un hôtel au Chili, un lavomatic au Canada ou chez Nadeshda en Russie.



L'autre jour que je m'habillais en vitesse, j'attrapais dans mon armoire une paire de déjà anciennes chaussettes grises à talon et pointe rouges. Sans doute que le talon de l'une avait été rapé, aminci et fragilisé par trop de frottements dans mes chaussures, toujours est-il que, tirant à toute force son col vers le haut, mon pied, allant du même élan mais dans le sens contraire, passait au travers d'un d'abord infime puis petit et aussitôt énorme trou et se libérait totalement. Dénudé. Celle-là était foutue !



Or voici que j'ai maintenant à ma disposition un nouvel appariement de chaussettes grise et noire mais toutes deux à talon et pointe rouges.