vendredi 28 décembre 2012

Dans nos têtes tournaient, de nos bouches s'envolaient

Les paroles sortaient des bouches
S'envolaient en volutes vers les plafonds enfumés
La salle n'était que brouhaha
On n'y voyait pas à trois pas.

C'étaient des discours
Haies, barrières, sentiers
Petits parcours
De nos existences enfermées.

Tête baissée, on avançait
Le front dans les mots
La vue bouchée
Se retenant de respirer.

Une idée accrochée
Pendait à nos cheveux
Qu'on trimbalait partout
Fier, eh, t'as entendu.

De plus en plus, l'air était chargé
Incroyablement lourd
Du plomb qui se serait déversé
Dans nos têtes en fusion.

Le temps allait ainsi
De réflexions crapotées en affirmations avalées
Qui nous laissaient abrutis, confus, bafouillant
Bientôt immobiles et finalement perdus.

On s'asseyait harassé
On osait encore un dernier piquet à planter
Banderille qui nous laissait bouche bée
Incapable de plus rien exprimer.

Mais rien ne finissait
Les mots avaient perdu leur pouvoir de voler
Ne quittaient plus nos bouches
Et dans nos têtes tournaient, tournaient, tournaient, impossibles à arrêter.