dimanche 9 décembre 2012

A.

Heureusement, j'avais ma couverture de survie. C'est une chose que se sortir et de boire des bières ; c'en est une autre que de ne pas quitter son sac d'aventure. Parfois, elles se combinent.

J'étais donc sorti boire des bières. Je buvais des bières dans de grandes chopes et des alcools forts dans de tout petits verres. J'alternais. Je mélangeais. Je mélangeais dans mon ventre, je mélangeais dans les verres, jetant le tout petit verre dans la grande chope, plouf au fond. Et je buvais.

Oui, oui, c'est ça, c'est ça.

Mon sac d'aventure et moi filions ainsi sur la mauvaise pente, de grandes chopes en petits verres et vint le temps de choir.

Nous chûmes.

Affalés sur un banc, un beau banc en teck, sur une belle terrasse, derrière une belle maison, dans une belle arrière cour d'une belle rue de la grande ville.

J'avais posé mes lunettes quelque part, dans mon sac d'aventure j'imagine, et sorti ma couverture de survie, de mon sac d'aventure je crois. Je la dépliais et m'en couvrais. Sans lunettes, je ne rêvais pas.

La nuit était froide, l'air humide, le banc dur, les voisins bruyants, mon crâne ensorcelé, je me réveillais tôt.

Tenez vos sacs d'aventure. Joignez-y des couvertures de survie.
Aujourd'hui, c'est tout ce que je peux dire.