vendredi 27 juillet 2012

Au bord du grand lac, quand les bêtes sont couchées et les fauves endormis

Il était tôt. La rosée n'avait pas fini de sécher sur les bas-côtés du chemin. Un petit vent, très léger, faisait trembler les feuilles dans les grands arbres. Les bêtes avait quitté les rives du lac pour la douceur du couvert car déjà le soleil faisait savoir qu'il allait taper.



Je passais devant une de ces cantines un peu délabrées qu'on trouve disséminées, ici et là, dans ces parages et qui se remplissent à la nuit tombée pour ne se vider, ensuite, qu'au petit matin quand le chaland n'a pas décidé de prolonger son passage par un petit roupillon sur un banc, sous une table, au pied d'un de ces grands arbres ou sur l'herbe mouillée.



Le gars était tout ébouriffé, hagard. La bouche sûrement pâteuse, la voix éraillée, il dit à la fille, pas loin de présenter le même état, mais fille, qui passait un tête dans le coin qu'il venait de quitter : "Bouge pas ! Je vais secouer la frisée, j'arrive".



Les fauves dormaient. Ils avaient bien mangé.