mercredi 4 janvier 2012

Oui/Non (3 - Oui/Non)

Moi qui comprends d'une certaine façon les scènes que je décris, pour les avoir observées ou imaginées, en tout cas visualisées, jusque dans des détails et significations qui ne transparaissent pas dans la relation que j'en fais, je me demande comment elles vous apparaissent et jusqu'à quel point vous les interprétez, jusqu'à quel point elles vous parlent, quelle consistance vous leur prêtez et quel goût vous en tirez. Comme quoi : le lecteur peut s'interroger sur le sens du texte écrit, l'auteur à son tour s'interroge sur le sens du texte lu ! (Autrement dit, les uns pensent : "Qu'est ce qu'il a voulu dire, ce con ?!" quand l'autre se demande : "(Qu')est-ce qu'ils vont comprendre, ces abrutis ?!" - J'avoue d'ailleurs ne pas toujours très bien percevoir moi-même le sens à donner à ce qui me vient à l'esprit et que je transcris et souhaiter, oui souhaiter, que le lecteur y trouve, lui, une signification quelque peu intéressante, voire même satisfaisante). Mais je pense aussi que l'interrogation suscitée, il ne sert à rien de la pousser. Il appartient à chacun de trouver ce qu'il cherche, ce dont il a besoin, ce qui se présente. Tout cela est si vaste et complexe, on en perçoit si peu les ressorts et ça échappe tellement à notre réflexion. C'est peine perdue de vouloir comprendre. Espérer que ça remue quelque chose, nourrisse des émotions, donne de l'élan, inspire, et qu'on y prenne du plaisir, voilà à quelle ambition on peut raisonnablement s'accrocher ! Il m'importe à moi de pratiquer, honorer l'idée ou l'élan, même si l'un se présente sans l'autre - et  vice-versa, pour être présent, prêt et affûté, le moment où ils s'annoncent et déboulent à deux, main dans la main, ce que sans doute on appelle l'inspiration.