samedi 28 janvier 2012

Je n'irai pas

La Chine, je n'y connais rien. Je ne sais pas pourquoi m'est venue cette idée, de la Chine. C'est toi qui m'en as parlé, n'est-ce pas ?! Eh bien non, je ne connais pas. Je n'irai pas. Non. Ni avec toi, ni tout seul. J'étais au Mexique la semaine dernière. Pas écrit une ligne ; pas une ligne écrite. J'ai bu. J'ai bu de la bière, j'ai bu de la tequila, j'ai bu de la bière et du whisky. Pris l'avion, et le train, et le bateau. Un peu le bateau. Des ronds, là-bas au Mexique. Très belle eau mais rien écrit. Alors la Chine, non. On m'envoie en Ouganda. Qu'est-ce que je vais faire en Ouganda, je ne sais pas ?! Qu'est ce qu'il y a à faire en Ouganda ? Il faudra que j'écrive. Je ne sais pas si je sais écrire quand il fait chaud. Et moite. Il fait chaud et moite, en Ouganda. Non ?! Alors la Chine... Je me demande ce qu'on boit en Ouganda. De la bière, je n'en doute pas. On boit de la bière partout. Mais pour écrire, la bière ne vaut rien. Je le sais. Et pourtant. Je descends au bar. "Une bière, s'il vous plaît". Je n'écris pas. Avant le Mexique, j'étais en Suède. Pas une ligne. On ne peut pas dire pourtant : faisait froid et sec. Ça m'a rien valu. Je ne sais pas écrire quand il fait froid et sec. Je quitte ma chambre, je descends au bar. "Une bière". En Suède, pas une ligne non plus. C'est embêtant. J'avance en âge. Si je n'écris pas maintenant, quand ? Non, la Chine, vraiment pas une bonne idée. D'autant que la bière chinoise... Le climat... Les Chinois... Ah oui, non. Je n'écris pas au milieu des Chinois. Je le sais. Je ne sais pas pourquoi. A mon âge pourtant, je devrais être plus détaché, savoir me concentrer, même au milieu des Chinois, même une bière chinoise devant moi, même sous un climat chinois. Eh bien, non ! La Chine, pas une ligne. Je n'irai pas.