samedi 24 décembre 2011

Malade

Malade

Mais c'est tout le temps

La tête surtout.



(Si je l'ai déjà écrite, je m'en excuse. Je rouvre mon carnet au hasard d'une page et retrouve cette note : 11 novembre 2011 - précédée de la citation suivante : "Un homme est sur terre pour créer. Donc ne jamais plagier, toujours regarder vers l'avenir, quel qu'il soit", Jean Prouvé - 1982. La nuit d'avant, j'avais fait un rêve. Je me souviens, j'avais été pris de tremblements, j'étais saisi de froid et bientôt, j'aurais une fièvre incroyable, mon esprit divaguait entre rêve et délire : mon bateau sombrait. Il s'appelait le Sea Shark. Une tempête terrible, la mer démontée, des vagues hautes et puissantes, la pluie, le vent, des grondements à tout péter, dans le ciel et tout le long de la coque, ça tanguait et gîtait, plus rien à dégueuler, l'obscurité terrifiante, je me souviens, dans ce rêve, ou en vrai, à côté du rêve qui se poursuivait, je me disais qu'il fallait que je note les idées qui me venaient à l'esprit, le naufrage du Sea Shark, que je me lève pour aller écrire cette histoire-là, me lever, ça me faisait rire, je tremblais, j'avais froid, mes dents clac clac clac, les membres engourdis, j'en étais incapable de me lever, et puis, je pensais, cette histoire je l'écrirai comme une lettre, une lettre signée Hunter S. Thompson, une lettre dont j'expliquerai qu'on la tenait depuis longtemps, qu'elle nous avait été personnellement adressée, à moi, à la famille, par l'écrivain, et dans mon rêve, ou à côté, j'étais persuadé que j'allais réussir à faire croire ça et que c'était une rudement bonne idée. Je ne me levais pas et sombrais enfin, moi aussi, dans le sommeil. Le lendemain, ne restait pas grand chose de mes bonnes idées : des planches défoncées, un mat, une caisse en bois, quelques effets personnels. Et la maladie. Le Sea Shark).